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dimanche 10 juillet 2011

Le Socialisme et la vie

Jean Jaurès inscrivait au tableau noir des grands Congrès socialistes autour de 1900 la phrase suivante : « L’histoire ne se fait pas toute seule. » C’est que pour lui, homme politique, philosophe, l’histoire matérielle des hommes est bien première et le socialisme est chargé à la fois de la penser et de la réaliser dans la justice ; mais elle suppose en elle l’action des hommes et l’idée de justice, comme un facteur agissant, irréductible et réel. C’est de cette tension, de ses conséquences théoriques et pratiques, historiques et métaphysiques, qu’il est question dans ces textes qui dessinent la figure, tragiquement brisée en 1914, mais constamment reprise ensuite (parfois dans une confusion qui appelle aussi un retour précis à sa pensée), de celui qui fut à tous égards un penseur et un acteur majeur du siècle.
L'abolition


Son nom est lié à la peine de mort. Robert Badinter, avocat, ministre de François Mitterrand et ultérieurement président du Conseil constitutionnel, a fait plier la Constitution. Pour que des cas comme ceux de Buffet et Bontems n'existent plus. Leur exécution, le 24 novembre 1972, transforme Robert Badinter qui devient "un adversaire irréductible de la peine de mort." 1972-1981, une décennie consacrée à une lutte qui ne plait pas à tous. Contre : Valéry Giscard d'Estaing, dans la ligne droite de Pompidou. Pour : François Mitterrand. Lutte politique "car jamais l'abolition n'interviendrait sans une volonté présidentielle" et judiciaire "car il y aurait encore bien des procès où se jouerait la vie de l'accusé".


Au-delà d'un simple récit, L'Abolition permet de mieux comprendre un homme, avec ses émotions, ses peurs et ses moments de doute, qui a pour seule arme sa robe d'avocat. Ce livre n'est pas un cours d'histoire sur l'abolition. C'est l'histoire de l'abolition vue de l'intérieur. Robert Badinter signe un témoignage poignant. Symbole d'un combat très personnel.
Je regardai l'horloge : il était douze heures et cinquante minutes, ce 30 décembre 1981. Le voeu de Victor Hugo, "l'abolition pure, simple et définitive de la peine de mort", était réalisé. (...) Je pensai à tout ce qui était advenu. Puis je rentrai chez moi, le long des allées. C'était fini, la peine de mort.
--Nathalie Robert --